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M. ALIOUNE SARR, DIRECTEUR GENERAL DE SENECARTOURS «Senecartours a su faire la différence en apportant son expérience, son expertise, son organisation professionnelle»



Leader des agences de location de véhicules au Sénégal, Senecartours entend le rester. Par le professionnalisme de ses agents et leur sens élevé du devoir, l’entreprise a su gagner la confiance de ses clients, dont l’Etat qui l’associe depuis 10 ans à l’organisation de ses grands évènements. Ce qui n’est pas le fruit du hasard. Dans l’entretien qui suit, son Directeur général, M. Alioune Sarr, l’impute à une bonne politique managériale du groupe.  

 

 

Qu’est-ce qui a marqué l’évolution de Senecartours  durant ces dix dernières années ?

 

Je vous remercie. Je me réjouis de l’initiative que vous avez prise pour mettre sur pied cet outil de communication que vous dédiez au domaine des transports et des infrastructures.  

 

Pour répondre à votre question,  je dis qu’au niveau de Senecartours, le principal point sur lequel il faut insister est son partenariat avec l’Etat, dans le cadre d’une coopération public-privé. C’est un point très important par rapport au plan de développement du groupe. D’autant plus que le principal point fort de l’entreprise, durant ces dix dernières années, c’est son accompagnement de l’Etat sur le plan technique et lors des grands évènements qu’il  a eu à organiser. Je n’en veux pour  preuve que les différents sommets de la Banque africaine de développement (Bad), les sommets de l’Oci, entre autres. Et ce, en étroite collaboration avec les services compétents de l’Etat. Et nous ne nous sommes pas limités à la simple location de véhicules durant ces évènements, nous avons participé au volet « organisation » en général et « transport logistique » en particulier, apportant notre assistance technique, notre conseil, notre appui en termes de consultation et autres. On a pu répondre  positivement aux exigences de ce marché particulier que constitue l’Etat. Car, on est aujourd’hui dans un contexte de mondialisation où des concepts comme le «B to B» ou Business to Business entre privés se développent, mais avec l’Etat, le concept de «B to G » Business to Governement ou business to administration, c'est-à-dire le privé qui  fait des opérations avec l’Etat, tient en compte certains paramètres qui viennent de se développer dans l’environnement qui est évolutif  et changeant. Et là, Senecartours a su redorer son blason et a mieux conforté sa place de leader en termes de choix de l’Etat par rapport à la grande mouvance de ces dix dernières années.

 

Pour mieux détailler, je dois dire que cela s’est fait autour de tout un processus qui, d’une manière administrative, juridique  et stratégique, a eu des déclinaisons très particulières. 

 

Qu’est ce qui fait la force de Senecartours par rapport à ses concurrents ?  

 

Dans tout partenariat, l’historicité et la tradition sont des aspects très importants.  Dans ce cas,  Senecartours a su faire la différence en apportant son expérience, son expertise, son organisation professionnelle et les dispositifs que le Groupe a pu mettre en place pour répondre à ces besoins. On a eu à participer  à de grands évènements et l’on s’est aperçu que l’octroi des marchés à l’ensemble des agences de location de véhicules se fait de manière démocratique, sous des formes appropriées. Mais il faut reconnaître que tout le monde ne peut pas répondre aux exigences en termes de qualité et de quantité.

 

Quelles sont ces exigences ?

 

Sur le plan de la qualité, il faut que la demande exprimée par les délégations ou le client soit remplie. Et qu’à l’intérieur de l’offre du prestataire, on sente que le dispositif en termes de gamme, de marque de véhicules y est. Sur le plan de la quantité, il faut une grande flotte et aujourd’hui Senecartours dispose de la plus grosse flotte de transport. Donc les critères qui le positionnent sont objectifs donc référencés sur des aspects très clairs.

 

Qu’est-ce que vous faites pour motiver vos conducteurs et autres employés ?

 

Le 1er mai dernier, nous avons procédé à une cérémonie de remise de diplôme et d’attestation à l’ensemble de nos conducteurs. Ces derniers qui, il faut le dire, ont reçu une formation et une remise à niveau à Dakar-Dem-Dikk où des experts leur ont décerné des notes positives par rapport à leur professionnalisme, par rapport au cahier de charges qui a été élaboré au plan technique pour qu’un conducteur  soit reconnu comme un élément pouvant accomplir la prestation qu’on attend de lui. Mais ce n’est qu’une initiative, parmi tant d’autres que Senecartours a prises depuis longtemps pour assurer à ses clients un service de qualité.  En dehors de cet évènement qui a eu lieu le 1er mai et qui a marqué le parachèvement d’un long processus, il faudrait savoir que la formation n’est pas évènementielle au niveau de Senecartours. Elle est structurelle, en ce sens que le dispositif mis en place permet toujours qu’il y ait une veille stratégique pour mieux comprendre les besoins de plus en plus pointus des clients. Il ne faudrait pas qu’il y ait une seule réponse par rapport à la demande,  qui est à requalifier régulièrement. Et dans ce dispositif, les conducteurs, en tant qu’ambassadeurs et agents de protocole en quelque sorte, en sont conscients et savent que leur rôle est tellement stratégique qu’ils ne peuvent déroger à la loi de la satisfaction de la clientèle en le faisant primer et en en faisant un roi comme le dit l’adage. Cette formation à Dakar-Dem-Dikk a été une formation sur le plan technique, c’est vrai, mais en dehors de cela, sur le plan de l’attitude, du comportement, de la qualité du service aussi. La qualité de service a été déclinée dans tous les modules de formation.

 

Quelle est la gamme de véhicules que vous proposez à votre clientèle ?

 

Il y a toutes les  gammes de véhicules à Senecartours.  Il y a une offre pour toutes les catégories de clientèle. Ce n’est pas pour rien que notre groupe est reconnu comme leader du secteur. On a des véhicules de luxe, de tourisme, des bus, minibus... Ce qui donne une offre éclatée qui concourt à répondre à l’ensemble des demandes sur le plan local.  Ce qui nous permet également de traiter d’une manière particularisée les Vip que nous envoient l’Etat et le privé. Nous avons à chaque fois l’honneur de les recevoir par rapport à notre offre qualifiée sur le plan de la gamme, du label et de la marque. Le positionnement de la maison inclut une bonne surveillance de l’évolution du marché des véhicules tout en sachant qu’à chaque fois l’offre sera requalifiée. Puisque Senecartours  suit la mode avec les concessionnaires.

 

 Avez-vous d’autres services en dehors de la location de véhicules ?

 

Depuis  le début, Senecartours a été développé  par un « self made man », à savoir Monsieur Mbaye Sarr qui a été inspiré en montant sur fonds propres cette agence. Cette société se base sur deux segments particuliers en amont. Il s’agit de la location de véhicules et le transport touristique.    

 

Pour la location de véhicules, Senecartours se divise en trois espaces majeurs par rapport à la gestion territoriale : Le siège qui se trouve aux Almadies, le parc automobile au Cices  qui constitue le back office avec le garage, le dispositif constitué du service d’entretien, l’approvisionnement en carburant.  Il y a aussi le bureau qui se trouve au centre-ville pour mieux fédérer et faciliter le contact avec certains éléments de la clientèle.

 

Sur le plan managérial, il y a une direction commerciale et une cellule technique qui est chargée de faire le contrôle et de veiller à l’application stricte de notre politique qualité, par rapport à des questions aussi sensibles que la fourniture et l’approvisionnement, mais aussi par rapport  à la maintenance pour parer aux éventuelles pannes. Et avec les ressources humaines de qualité que nous avons, nous parvenons à faire face à tous les défis majeurs.

 

Et d’autres activités ?

 

En dehors de cet aspect location de véhicules, nous tenons à apporter notre pierre à l’édification d’un Sénégal émergent. Parce que tenant compte de la volonté politique dégagée par le chef de l’Etat en termes de vision et de valeurs, Senecartours  a préconisé des programmes dans ce sens. Dans la Stratégie de Croissance Accélérée, la grappe Tourisme - Industries Culturelles - Artisanat d’Art « TICAA », il est question de booster le secteur touristique comme tête de grappe à forte valeur ajoutée. À notre niveau,  il faudrait diversifier  l’offre, les produits et services. Nous sommes en train de poser des jalons dans le secteur touristique - évènementiel. Surtout avec le tourisme d’affaires, car nous avons une forte expérience dans l’organisation des rencontres internationales, se disant qu’on pouvait élargir notre champ d’action pour grignoter des parts de marché dans le tourisme. Nous avons une licence d’agence de voyages, de tourisme et de transport touristique que nous n’avons pas valorisée dans toutes ses composantes. C’est  l’occasion, dans cette politique de diversification des produits et des marchés, de se lancer non seulement dans le tourisme en y apportant une touche particulière  de professionnalisme, de rapidité de service et d’innovation, mais aussi il sera question de gérer les évènements d’amont en aval.

 

Pour le voyage dont la billetterie est un élément. Il ne suffit plus de vendre des billets d’avion, car c’est un secteur en crise. Il faut essayer d’exploiter le « Dynamic Package » ; ce qui nous permettra de gagner et de rentabiliser l’investissement avec des outils numériques appliqués et adaptables.

 

À part le voyage - transport, l’événement a un volet accueil – hébergement - accréditation – communication – secrétariat - reprographie etc.

 

Voici la cartographie de la nouvelle offre que Senecartours veut conquérir.

 

À l’heure de l’intégration des pays africains, quel rôle Senecartours peut-elle jouer ?

 

Nous ne pouvons que suivre la ligne directrice déjà tracée par le président de la République du Sénégal qui préside le volet « Infrastructures » du Nepad. Le privé sénégalais ne pouvant être en reste, Senecartours s’intéresse à ce volet de rapport interrégional et sous-régional. Dans le cadre de l’Uemoa, Senecartours s’apprête à aller à l’assaut des nouveaux marchés pour non seulement accroître sa croissance, mais aussi contribuer à la libre circulation des personnes et des biens. Surtout que sur le plan infrastructurel, le Sénégal a fait des avancées considérables, des corridors sont en train d’être réalisés pour faciliter les déplacements dans la région.    

 

Propos recueillis par

 

Omar Faye

L’intelligence économique au service du développement et de la promotion du tourisme au Sénégal



Deuxième source de devises du pays après la pêche, le secteur touristique au Sénégal connaît de grandes difficultés. D’année en année, le nombre de touristes décroît régulièrement et la tendance n’est pas prête de s’inverser[1] car le pays de la « Teranga » doit faire face à la concurrence de nouvelles destinations telles que la Gambie ou les îles du Cap-Vert. Déjà, lors des « Journées Nationales de Concertation sur le Tourisme » en 2002, de nombreuses contraintes avaient été identifiées : La faible structuration de l’offre, un transport aérien inadapté, l’inadéquation du profil de l’investissement et des moyens de financement, la lourde fiscalité (TVA et taxes aéroportuaires élevées), les difficultés d’accès au foncier, la faible maîtrise des retombées du tourisme au niveau local, le déficit organisationnel de l’environnement commercial avec notamment le développement de l’informel, la saisonnalité de la demande, la faible diversification du produit, un taux de retour des vacanciers particulièrement faible sans oublier le faible niveau de qualité des prestations de service. A ces nombreuses contraintes, nous pouvons ajouter : La problématique de la Formation – Renforcement de Capacités quand on sait que des programmes français sont toujours en vigueur depuis les Indépendances. Une législation et une réglementation du secteur permissives qui laissent proliférer des écoles et des centres de Formation établis sans un cahier de charges rigoureux tenant compte de curricula scientifique et qui commencent seulement à lutter contre les établissements clandestins et à codifier les métiers de « Guide touristique ». L’insuffisance des moyens de promotion qui est confrontée à de nouveaux défis quand le « dynamic package » ou « paquet dynamique » permet au client de « court-circuiter » les intermédiaires voyagistes, agences de voyages et autres courtiers permettant aux centrales de réservation et Compagnies aériennes de renégocier les commissions. Ainsi, à l’heure où il n’y a toujours pas de compagnie aérienne nationale pour combler le vide laissé par Air Sénégal International et Air Afrique[2], où aucune structure financière hôtelière et touristique n’a remplacé la SOFISEDIT (Société Financière pour le Développement de l’Industrie et du Tourisme), comment attirer davantage de touristes au pays de la Teranga ? Comment concurrencer le Maroc, la Tunisie, la Gambie ou le Cap-Vert qui ont connu, malgré la crise financière mondiale, une croissance continue de leur marché ? Il existe en fait un bon nombre de solutions pour redynamiser ce secteur prioritaire pour l’économie sénégalaise. Des outils de développement structurel sont en train d’être mis en place suivant la Vision du Chef de l’Etat qui prône « un Tourisme Haut de gamme respectable de nos mœurs profitable à l’économie (…)». Des efforts ont ainsi été réalisés pour attirer le tourisme d’affaire en dotant Dakar d’hôtels de luxe mais aussi pour améliorer le réseau routier et désengorger la capitale. De même, la Grappe Tourisme – Industries Culturelles et Artisanat d’Art (TICAA) de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) avait pu retenir des mesures qui sont en train d’être mises en branle telles que le Salon International de Tourisme « TICAA » auquel le Groupe SENECARTOURS va activement prendre part les 28 – 30 Mai 2010 au CICES de Dakar. Tout en poursuivant ces efforts dans cette voie, peut-être faudrait-il[3] également : * Proposer des capacités d’accueil supplémentaires en réduisant les prix de l’hébergement, des prestations touristiques et la TVA ; * Développer l’écotourisme et le tourisme rural à la condition de lutter efficacement contre la pollution visuelle (de nombreux déchets plastiques s’accumulent sur les plages et à l’entrée des villes et villages) ; * Sensibiliser et intégrer les populations dans la recherche de solutions pour la sauvegarde du patrimoine touristique (généraliser les journées de ramassage de déchets dans les villages et quartiers des villes) ; * Enfin, peut-être faudrait-il porter davantage effort sur l’innovation en créant une structure de veille et d’Intelligence Economique au sein de l’Agence nationale de promotion touristique (ANPT) ou du ministère du tourisme. Cette structure de veille et d’IE dont la mission serait de renforcer la compétitivité du secteur et l’attractivité des territoires pourrait être chargée : * d’informer tous les acteurs du secteur en identifiant les forces et les faiblesses du marché, en axant sur le « business intelligence » et la « competitive intelligence », en trouvant et faisant circuler l’information utile à partir, notamment, des revues de presse, bulletins de veille, études de marché et de benchmarking, bases de données consultables en ligne ; * décider en formant les responsables au management de l’information et au management environnemental tout en définissant des axes prioritaires d’intervention ; * d’influencer en communiquant sur les actions menées et les résultats (à partir de sites web, lettres d’information, enquêtes, campagnes de publicité, conférences) afin d’élargir le champ des expériences. Ainsi, en s’appuyant sur une gestion stratégique de l’information économique, en capitalisant sur ses atouts qui sont réels (pays parmi les plus stables d’Afrique de l’Ouest, climat propice aux vacances toute l’année, francophone à part entière, accueil chaleureux et douceur de vivre), et en s’inspirant des stratégies gagnantes tant locales que régionales, le Sénégal pourrait bien redevenir l’une des destinations les plus prisées par les touristes occidentaux et retrouver sa place qui était la sienne dans les années 80. Romain BONNET, Directeur des Etudes de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES) et Alioune B. SARR, Directeur Général de SENECARTOURS senecar@orange.sn www.senecartours.sn [1] Entre 2008 et 2009, le nombre de touristes est passé de 491 552 à 366 244 (données aéroportuaires). [2] Troisième destination du pays, la Casamance, pâtit de l’absence de vols directs réguliers ou de correspondances vers Cap Skirring et Ziguinchor mais également de la reprise du conflit casamançais. [3] Bien évidemment, cette liste de propositions n’est pas exhaustive.
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